Les préjugés des médias occidentaux sur l’Afrique, portés à l’écran

lundi 21 novembre 2011
par L’Afrique nouvelle génération
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La journaliste burkinabè Ramata Soré vient de boucler un documentaire intitulé "La Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud : Médias occidentaux et regards racistes sur l’Afrique". La trame de son film est construite autour d’anciens articles publiés par le journal américain New York Time, pour qualifier l’homme noir.

Tout est parti du scepticisme des occidentaux sur la capacité de l’Afrique du Sud à organiser dans les règles de l’art, la coupe du monde de football de 2010. Cette supposée incapacité du pays de Nelson Mandela, a été renforcée par les médias qui ont rédigé beaucoup d’articles sur le sujet. Et pourtant, au soir de la compétition, le président de la FIFA Joseph Blatter reconnaît au cours d’une conférence que la coupe du monde a connu un franc succès. Le cas de l’Afrique du sud va finalement inciter la journaliste burkinabè Ramata Soré, à repérer les stéréotypes véhiculés par les médias occidentaux sur le continent noir « J’ai vécu pendant un bout de temps aux Etats-Unis. On me posait des questions parfois inimaginables telles que : est-ce que tu dors dans une maison ? Est-ce que chez vous, vous avez une monnaie ? Avec ce film, j’ai voulu comprendre ces stéréotypes un peu insultants sur le continent, qui sont transmis par les médias »

Dans son œuvre, Ramata Soré décrypte les mots et les phrases utilisés par le journal américain New York Time pour caractériser l’homme noir « Ce sont des tribus, ce sont des cannibales ou des sorciers » témoignent des écrits parus dans ce journal. Au lieu de prendre la posture de la victime, la réalisatrice invite les journalistes à une réflexion « Nous en tant que journalistes africains, ne disposons pas de système de production et de diffusion de l’information. Nous nous fions aux médias occidentaux et nous contribuons à répercuter des stéréotypes sur nous-même. Il faut que nous voyions ensemble comment nous pouvons changer cette image-là. Si nous nous vendons moins cher à ces gens, ils vont évidemment nous acheter moins cher. » confie-telle.

Lentement mais sûrement, Ramata Soré est en train d’opérer sa mue mais elle ne compte pas pour autant abandonner son premier amour « La caméra est une extension du média qui est la presse écrite. Les messages que je ne peux pas toujours transmettre à travers la presse écrite, je pourrai les transmettre par la caméra » assure-t-elle. Au départ beaucoup de partenaires avaient promis de mettre la main à la poche pour la réalisation de ce film. Mais elle s’est retrouvée seule à porter le projet. Ce qui l’a obligé à porter plusieurs casquettes « Ce film m’a coûté environ 25 millions de FCFA. Il fallait que je me déplace régulièrement en Afrique du Sud et les hôtels coutaient chers pendant la coupe du monde. C’est pourquoi j’ai dû faire pleines de choses moi-même comme le montage, la caméra, le son » avoue-t-elle.

L’aventure cinématographique ne fait que commencer pour Ramata Soré. Si elle obtient des financements, elle compte analyser les médias français pour comprendre leurs perceptions sur l’Afrique.

Laurentine Bayala

Rtb.bf


Commentaires

mardi 22 novembre 2011 à 14h36, par  Zeba Issouf

I read the article and I’m very stunned as well as by the beauty of the writing that by the pertinence of the topic.Like you, I share the idea that in a manner or another, Africa needs strategically to take control of what people from foreign powers tell about her and her culture.Let’s make no mistakes . In today’s competitive world,who has control on information wins in every field ! Information is no more a topic of entertainment,it’s a weapon.As you said, people buy you according to how cheap or expensive you sell yourself.Our leaders need to understand that they have the responsability of selling Africa expensivily. I really appreciate your commitment and encourage you to continue on this way.GOD BLESS YOU AND BLESS EVERY THING YOU DO IN LIFE !

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