La CEDEAO somme la Junte de rétablir immédiatement l’ordre constitutionnel et lance une sévère mise en garde à la Rébellion Touarègue. Réunie à Abidjan le 27 mars, l’organisation régionale interviendra-t-elle militairement ?

Réunis à Abidjan le 27 mars pour un sommet extraordinaire consacré au Mali, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats e l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont condamné avec fermeté le renversement du président Amadou Toumani Touré. L’organisation régionale dénie toute forme de légitimité au Conseil national pour le redressement de la démocratie (CNRDR) mis en place au lendemain du putsch du 22 mars 2012. La tolérance zéro, qui fait partie des principes du protocole additionnel de l’organisation ouest-africaine a été rappelée avec force par les chefs d’Etat qui ont décidé de la suspension du Mali de toutes les instances décisionnelles avec effet immédiat.

Pour l’heure, le dialogue est privilégié. Une délégation de haut niveau conduite par le président ivoirien, Alassane Ouattara, président en exercice de la CEDEAO et Yayi Boni, président de l’Union Africaine, de Mamadou Issoufou du Niger, Goodlock Jonathan du Nigéria, de , Blaise Compaoré du Burkina, de Hélène Johnson serlef du Libéria et Bai Ernest Koroma de Siéra Léone sera dépêchée dans les 48 heures pour rencontrer les dirigeants de la junte.

Parallèlement à cette troïka de chef d’Etats, une mission de chef d’Etat major des armées du Nigeria, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Togo se rendra à Bamako pour rencontrer d’une part la junte puis, d’autre part, la rébellion touarègue. Objectif, évaluer la situation sur le terrain et lancer une sévère mise en garde à la rébellion Touarègue. L’option d’une intervention militaire est clairement évoquée en cas de non cessez le feu. La CEDEAO se dit prête à intervenir pour garantir l’intégrité territoriale du Mali. Le dossier est confié à Blaise Compaoré, désigné médiateur dans le conflit du nord malien. Le burkinabé conduira une mission de haut niveau dans la région en compagnie de son homologue du Niger, du Bénin, du Liberia et du Nigeria.

En outre, la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement a chargé le président de la commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, de transmettre à l’Union Africaine et au conseil de paix et de sécurité les décisions de la CEDEAO. Le dernier mot est revenu au président ivoirien, Alassane Ouattara, lequel a indiqué que la CEDEAO ne va pas oublier le Mali et rétablirait l’ordre constitutionnel au Mali, au besoin par la force. « La restauration de la démocratie et de l’ordre constitutionnel n’est pas négociable », estime Ouattara

Rodrigue Fénelon MASSALA, Abidjan

Les Afriques

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