D’une certaine façon, la crise qui secoue le Mali depuis un an et celle qui vient à peine de naître du côté de la Centrafrique sont identiques. Dans les deux cas, il s’agit en effet de groupes rebelles ayant pris des armes contre des autorités légales et légitimes.

Les islamistes occupant le nord-Mali ont bien entendu pour objectif d’étendre leur doctrine religieuse à l’ensemble du pays. Tandis que la coalition Séléka souhaite visiblement chasser le président François Bozizé. Mais de toute évidence, ce dernier est sauvé par l’intervention des forces militaires de la sous-région (FOMAC). Une force dont le déploiement progressif vient de stopper net la progression des rebelles. Qui se voient contraints de passer par les négociations dans la capitale Libreville. En un an, la CEDEAO n’aura pas obtenu un tel résultat, dans son rapport de force avec les islamistes terroristes qui dictent leur loi dans le nord du Mali. Trop dépendante de certaines puissances étrangères et soucieuse de recevoir l’aval de l’instance onusienne, la CEDEAO aura perdu tout le temps dans d’interminables atermoiements dont ont profité les islamistes.

Il faut cependant préciser que les 3 200 soldats devant composer la MICEMA sont de loin supérieurs aux quelques 700 éléments que requiert la sécurisation de la capitale centrafricaine. Du coup, on peut supposer que les ressources en hommes et en logistique que nécessite la reconquête du nord-Mali sont telles qu’il est logique que le soutien de certains partenaires soit acceptable. De même, la lutte contre des terroristes islamistes dans le vaste no man’s land qu’est le nord du Mali ne doit pas être aussi aisé que d’empêcher quelques rebelles voulant s’emparer de Bangui.

guerre au togo

Mais au-delà de ses spécificités, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) se sera montrée relativement indépendante. Elle n’aura pas attendu que le Conseil de sécurité ou quelque instance internationale du même genre donne son quitus. Dès que les dirigeants des pays de l’Afrique centrale ont estimé que leur homologue avait effectivement compris les revendications et qu’il était véritablement disposé à y faire face, ils ont décidé de voler au secours du général Bozizé. Décision immédiatement suivie d’effet, avec le déploiement effectif des soldats de certains pays.

L’effet de ce pragmatisme ne se fait pas attendre et se traduit par l’annonce des rebelles de la suspension de leur offensive en direction de Bangui et leur disponibilité à prendre part au dialogue politique à Libreville.

Il est encore trop tôt pour qu’on conclue que le conflit sera résolu. Par contre, il est évident que sans l’intervention prompte des soldats de la FOMAC, la Séléka serait probablement à l’heure qu’il est à Bangui.

Ce pragmatisme et cette indépendance auront cruellement manqué à la CEDEAO dans sa gestion de la crise malienne. Alassane Ouattara, Boni Yayi et Mahamadou Issouffou ont défendu becs et ongles la doctrine de l’intervention. Mais ils auront trop longtemps attendu l’appui de la France, des Etats-Unis, de l’Onu et d’autres partenaires extérieurs. De même, la CEDEAO a trop longtemps attendu le vote par le Conseil de sécurité d’une résolution autorisant le déploiement des troupes étrangères. Cela fait trop de temps perdu et dont ont profité les occupants du nord du Mali.

Alors qu’à l’image de la CEEAC, la CEDEAO en se montrant plus pragmatique aurait pu contraindre le monde entier à suivre la démarche. Malheureusement, la CEDEAO, au lieu de tenir la direction est restée à l’arrière. Attendant que d’autres ouvrent la marche. Et c’est pourquoi jusqu’aujourd’hui, les islamistes continuent d’y commettre les crimes les plus abominables et à perpétrer les violations les plus éhontées des droits humains.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *